Textes

L’arsenal utilisé à Nantes et sur la zad de NDDL

Nantes, 14 avril – grenades lacrymo de 40 mm avec un lance-grenades “Penn Arms”

Desarmons.net – 17 avril — Au cours des opérations militaires à Notre Dame des Landes depuis le 9 avril 2018 et de l’opération de maintien de l’ordre lors de la manifestation de soutien à la ZAD à Nantes le 14 avril, les forces de police et de gendarmerie ont fait usage d’autres munitions que d’habitude. Pas de grandes nouveautés au delà des habituelles grenades lacrymogènes, mais d’anciens modèles remis au goût du jour ou adaptées aux nouveaux lanceurs.

Quelles sont-elles ? A Nantes le 14 avril, les CRS et Compagnies d’intervention ont eu recours aux grenades lacrymogènes de 40 mm. Nous étions jusqu’alors habitué-es aux grenades lacrymogènes de 56 mm, tirées à l’aide de gros lance-grenades Cougar et Chouka. Désormais, les flics utilisent également les lanceurs de balles de 40mm (LBD, produits et vendus à la France par l’entreprise suisse Brüger & Thomet) et les nouveaux lanceurs de balles multicoups “Penn arms” (produits et vendus à la France par l’entreprise américaine Combined Systems).

Les grenades ainsi utilisées, de plus petit calibre, sont les CM3 contenant 3 palets de poudre de gaz CS à 15%. Comme celles de 56 mm, elles peuvent être tirées de 50 à 200 mètres à l’aide de dispositifs de propulsion (DPR) de couleur verte, grise sombre ou blanche.

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Des dizaines d’organisations appellent à une vrai sortie de crise sur la zad

ZAD de NDDL : appel pour une vraie sortie de crise !

bacharalazad(18 avril 2018). — Avant la reprise du dialogue avec la préfète de Loire-Atlantique, des organisations nationales, associations et collectifs appellent fermement le gouvernement à permettre une sortie de crise à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. La tentative d’expulsion des habitant-es de la ZAD engagée la semaine dernière par le gouvernement s’est soldée par un échec cuisant et prévisible. La méthode forte employée, brutale et guerrière a blessé de nombreuses personnes, semé la révolte et relancé un conflit stérile. Nous répétons que la poursuite des expulsions serait dramatique et ferait risquer un nouveau Sivens.

L’afflux de soutien en un temps record sur ce territoire est le révélateur du profond attachement inter-générationnel à ce lieu devenu un symbole d’expérimentation et d’espoir, bien loin des caricatures grossières et hâtives que veulent en donner certains politiques et ministres.   (suite…)

Objectif atteint pour reconstruire le Gourbi

Objectif atteint – une grande charpente portée par 300 personnes jusqu’au gourbi durant la nuit

(lundi 16 avril 2018) — Dans un mouvement collectif absolument pharaonique, une construction de 2 tonnes et de 10 mètres sur 5 a été portée par 300 personnes jusqu’au gourbi entre 22h et minuit tout juste. L’objectif de reconstruction sur un des lieux attaqués la semaine dernière a finalement été totalement atteint à la dernière minute. Un groupe surdéterminé a su faire passer l’édifice en bois massif à travers les haies puis tout le long de la route des fosses noires, la présence policière s’étant subitement estompée à la nuit tombée. Cheval de troie zadiste, on voyait avancer ce soir dans le noir une charpente éclairée par des dizaines de lampes frontales.

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Après 3 jours d’expulsion, seront-ils prêt à tuer parce qu’ils ne veulent pas de collectif ?

Communiqué du mercredi 11 avril – zad.nadir.org – Lire aussi : Communiqué de l’assemblée de mercredi à la Wardine après 3 jours d’expulsions

(photo reporterre.net – lire leur fil info)

Mercredi 11 avril, 6 lieux de vie et habitats supplémentaires de la zad ont été détruits : Sécherie, Acatrelle, Isolette, Boîte noire, Entre deux, Gaieté… Ils continuent d’essayer d’éradiquer nos vies, notre histoire.

Des centaines de soutiens étaient présents pour un pique-nique de protestation ce midi. A 14h un déferlement de gaz lacrymogènes et de grenades, perçant les chairs, s’est abattu sur une foule festive et multigénérationnelle qui dansait avec une batucada sur un champs à côté des Fosses Noires.

Cette attaque ainsi que celles extrêmement brutales qui ont suivi immédiatement autour de la maison de la Grée et au carrefour de la Saulce ont provoqué de très nombreuses blessures. L’équipe médic fait état de plus de 80 blessés Le bilan de 17h45 (non exhaustif et sous-évalué du fait des difficultés de circulation sur la zone empêchant d’atteindre tous les blessés) fait état de 15 blessures au Flashball, dont une grave au visage ; 16 blessures suite à des tirs tendus de grenades lacrymogènes à la tête. Il y a aussi eu 22 blessures liées à des explosions de grenades : une quinzaine liées à des éclats, y compris à la gorge, et avec des séquelles suspectées au niveau des tendons et des nerfs. Par ailleurs, des troubles auditifs liées aux explosions de grenade F4 tirées à l’aveugle sur les gent.te.s ont été constatées, ainsi que plus de 12 blessures diverses à la tête, certaines touchant l’oeil. Une personne gravement blessée a dû être évacuée par des aides-soignant.e.s dont le véhicule a été bloqué pendant plus de 30 minutes, avant d’avoir accès au SAMU, sans que les soignant.e.s soient autorisé.e.s à revenir vers le QG medic. Trois journalistes ont été blessés après avoir été délibérement visés. La préfecture a aussi fait le choix de couper l’électricité dans les maisons en dur encore laissées debout, autour des habitats attaqués. Une femme enceinte et deux enfants en bas âge sont ce soir privés d’électricité.

Une question est ce soir sur toute les lèvres, dans les lieux encore debouts dans le bocage, dans les foyers des centaines de milliers de personnes dans ce pays pour qui la zad représente toujours un espoir : jusqu’où le gouvernement Macron ira-t-il ? Cet après-midi dans la foule prise en étau entre des rangs de policiers, il était clair pour tous que l’Etat serait désormais prêt à tuer pour finir son opération. Ces chairs blessées, ces morts possibles dans l’acharnement policier sont désormais le prix que l’Etat macronien est prêt à payer pour ne laisser aucune place à un espace d’expérimentation collective, pour enrayer la solidarité.

Nous continuons à exiger la fin des expulsions et des violences policières. Nous n’avons d’autres choix que de continuer à défendre nos vies ici et nos maisons sur le terrain. Il est incompréhensible de prétendre vouloir, comme l’a fait aujourd’hui encore la préfète Nicole Klein, un retour au dialogue tout en menant une telle opération d’éradication. La zad est meurtrie mais la zad est encore debout.

Nous appelons toutes celles et ceux qui le peuvent à nous rejoindre dès demain et en masse dimanche

Nous rappelons le rendez vous de demain à 9h devant le Tribunal de Nantes où la préfète devra s’expliquer devant la justice quant aux expulsions illégales, notamment celle des 100 Noms.

Nous rappelons les rendez vous de samedi 14, pour la manifestation à Nantes contre les expulsions de la zad (rendez-vous 16h30 place du cirque) et dimanche 15 pour une grande convergence sur la zad pour répondre sur le terrain à l’opération d’expulsion.

Les cabanes de la zad tombent et la colère gronde

la cabane collective des 100 noms, détruite le 9 avril 2018

100nomsaterreLes cabanes de la zad

lundi 9 avril 2018

Pour ne pas oublier, parce qu’on ne veut pas laisser faire, tandis que l’opération militaire déclenchée contre nos lieux à partir du 9 avril continue, nous vous proposons un petit voyage à travers les cabanes de la zad…

La Chèvrerie, cabane détruite le 10 avril 2018 …

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Communiqué des opposant-e-s à CIGEO : Après l’abandon de l’aéroport de NDDL, défendons la ZAD, renforçons la lutte à Bure et partout ailleurs !

C’est officiel : le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est abandonné. Il y a peu de mots pour décrire le mélange d’émotion qui nous assaille, un sentiment profond de joie, de dignité, de justesse et de force. Aujourd’hui, pour de très nombreuses personnes en France et au-delà, est un jour historique : un de ceux, encore trop rares, où une force collective entêtée fait plier les puissants.

Ce n’est pas si souvent dans une vie que l’on peut ressentir de telles joies, une telle force. Cela faisait depuis 2006 et le CPE qu’un large mouvement populaire et déterminé n’avait plus remporté une victoire. Aujourd’hui ce n’est pas seulement un projet d’aéroport (parmi des centaines d’autres en construction dans le monde) qui est abandonné, c’est un sentiment de victoire possible qui renaît et nous inspire pour toutes les luttes que l’on mène partout, pour tous les mondes que nous essayons de bâtir.

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Texte commun « Nous nous engageons pour l’avenir de la ZAD »

ZAD-Affiche-2018Alors qu’après 50 ans de lutte, le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes pourrait enfin être abandonné, on ne cesse d’entendre que, quelle que soit la décision du gouvernement, la zad sera expulsée. Aujourd’hui un certain nombre d’organisations, syndicats et ONG’s au niveau national s’engagent fermement sur une autre vision de ce que pourrait être l’avenir d’un bocage préservé à Notre-Dame-Des-Landes et de ses habitant.e.s actuel.le.s. Dans un texte commun, ces structures plaident pour que l’État « ne s’enferme pas dans une logique répressive » en cas d’abandon du projet d’aéroport et pour que la zad « reste une terre d’inspiration et d’espoir, nourrie par l’idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant ».

Au nombre des premiers signataires de ce texte au nivau national, on trouve 350.org, Agir pour l’Environnement, Agter, Amis de la Terre, Alofa Tuvalu, Alternatiba, ANV-COP21, Attac, Confédération Paysanne, Les Désobéissants, Droit Au Logement, EELV, Ensemble !, Greenpeace, Parti de Gauche, Union Syndicale Solidaires, réseau CIVAM, Fédérations SUD-rail, SUD-PTT, SUD-BPCE, Collectif national des syndicats CGT de VINCI…

Nous nous engageons pour l’avenir de la ZAD

Communiqué commun national d’associations, syndicats et organisations

Depuis presque cinquante ans, des paysan.ne.s et habitant.e.s de la région nantaise résistent contre un projet d’aéroport qui viendrait détruire 1.650 ha de terres agricoles et de zones humides. Le gouvernement a annoncé qu’il trancherait en ce mois de janvier sur ce dossier brûlant devenu emblématique d’enjeux de fond et de choix de société. Au niveau national, nos organisations, associations et syndicats se sont engagés au fil du temps dans un mouvement large et populaire contre ce projet. (suite…)

La Gueule Ouverte / Entretiens sur l’avenir de la zad

Le rapport de médiation sur le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes a été rendu au premier ministre le 13 décembre 2017. Nous avons déjà publié un premier commentaire à chaud quant à cet événement important. Nous avons surtout publié le lien sur le rapport lui-même, permettant à chacun.e d’en prendre connaissance par soi-même.
En ce début d’année, nous commençons, aujourd’hui, une série d’entretiens de personnes impliquées depuis longtemps dans la lutte contre le projet d’aéroport et contre son monde. N’ayant pu rencontrer la délégation de la ZAD venue à Paris à cette occasion, nous avons décidé d’interroger plusieurs personnes individuellement, en respectant la diversité des points de vues exprimés et vécus sur la zad, relativement à la variété des situations, des expériences et des cultures. C’est donc un chant, autant qu’un champ polyphonique de la zad que nous proposons. Nous espérons avoir le temps de faire un large tour d’horizon des cas de figure en présence d’ici à la décision politique qui sera prise par le gouvernement dans le courant de ce mois de janvier, tel que cela a été annoncé.
Nous savons, d’ores et déjà, que la décision sur l’aéroport est vraiment en question, voire déjà jugée (vers l’abandon) mais nous savons aussi, avec insistance, tant cela a été répété, que « quelle que soit le décision, la Zad sera évacuée ». C’est donc ce qu’il reste à voir, sur le terrain et partout ailleurs, dans l’opinion publique. Qui veut vraiment que la zad soit évacuée ? La question est si importante, étant donné ce qui s’y passe depuis des années, avec la construction d’un monde différent, que nous inaugurons avec ce texte, une série mettant en oeuvre tout ce qui pourrait définir un autre rapport à l’Etat, à la propriété, à l’exercice de ladite démocratie. La question est aujourd’hui de se représenter, dans des termes concrets et imaginaires à la fois, ce que nous risquons de perdre dans les semaines qui viennent. Ainsi, chacun.e saura quelle responsabilité lui incombe quant à cette menace de disparition. Un aspect primordial de la biodiversité de l’écologie sociale. Dans cette attente, bonne lecture.
Quoiqu’il en soit, n’oublions pas le rendez-vous, historique, fixé par les opposants au projet d’aéroport, le 10 février prochain sur la zad, le jour de la fin de la validité (10 ans) de la Déclaration d’Utilité Publique (DUP). Nous reviendrons prochainement sur la question.

ITV Geneviève Coiffard – l’avenir de la zad NDDL. Geneviève Coiffard est la responsable de la dimension GPII (Grands Projets Inutiles et Imposés) au sein de la Coordination du mouvement. Cet entretien a été réalisé le 12 décembre 2017 au soir.

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Le premier but de la médiation, c’est la division !

 

Ce texte est un communiqué d’occupant.es et d’habitantes de la zad de NDDL. Il n’a pas pour but d’étudier le détail du rapport de la médiation sur NDDL ou la possible décision du gouvernement à sa suite. Il vise à critiquer le travail de division du mouvement effectué par les médiateur.ices à travers leur présentation de « la zad » et de ses habitant.es et occupant.es.

LE PREMIER BUT DE LA MÉDIATION, C’EST LA DIVISION !

Ce texte n’a pas pour but d’étudier le rapport de la médiation sur NDDL ou la possible décision du gouvernement à sa suite. Il vise à critiquer le travail de division du mouvement effectué par les médiateur.ices à travers leur présentation de « la zad » et de ses habitant.es et occupant.es.

Dans la répression des mouvements qui contestent son autorité, le premier travail de l’État est toujours de nommer, de catégoriser ses opposant.es, pour produire les distinctions qui serviront à mettre en œuvre son travail répressif (par ex. entre bon.nes et mauvais.es manifestant.es, syndiqué.es et casseur.euses, radic.ales et pacifistes, etc.).

Le rapport des médiateur.ices sur NDDL participe à cette stratégie dominante de division, classant ainsi les « occupants hétérogènes » de la zad :

  • « les « historiques » : exploitants agricoles présents de longue date et impactés par le projet (…).
  • les « néo ruraux » implantés le plus souvent sans titre à partir de 2005 (…). [Leurs] options philosophiques et leurs motivations couvrent le spectre très large des mouvements altermondialistes et écologistes (…).
  • un noyau dur d’une cinquantaine d’individus radicaux et violents, en lien avec d’autres militants implantés dans d’autres sites en France et dans le monde. » (cf. « Annexe comparative » du rapport de médiation, p.96)

La présence d’agriculteurs dits « historiques » est bien une réalité de cette lutte – qui fut d’abord une lutte pour la préservation des terres agricole, avant de s’ouvrir au milieu des années 2000 et de s’élargir en une lutte ’contre l’aéroport et son monde’.

Mais la distinction entre gentils « néo ruraux » aux « options philosophiques et motivations » acceptablement « altermondialistes et écologistes« , et méchants « individus radicaux et violents en lien avec d’autres militants en France et dans le monde«  [*], cette distinction n’est qu’une fiction qui n’a pas d’autre but que de nous diviser pour mieux préparer la répression violente et judiciaire d’une partie du mouvement.

Depuis le début de l’occupation des terres, le mouvement de lutte contre l’aéroport et son monde s’est enrichi de la diversité de ses pratiques et de la complémentarité des tactiques mises en œuvre pour s’opposer au projet : par la contestation juridique et l’agitation médiatique, par la production d’expertises citoyennes et d’analyses politiques radicales, par l’occupation et la mise en culture des terres et la tentative d’y inventer de nouveaux modes de production et de partage, tout autant que par le sabotage, le piratage, et l’opposition physique, pacifique ou non, face aux forces répressives et aux machines de chantier envoyées par l’État et Vinci.

C’est grâce à cette diversité que nous avons su résister et arracher ce morceau de bocage à la main-mise de l’aménagement capitaliste du territoire et à l’extension de la métropole. Surtout, il n’y a rien d’exclusif entre ces différentes formes de résistance. Celles et ceux qui un jour cultivent, cuisinent, soignent ou construisent, peuvent très bien se masquer le lendemain pour aller affronter la police ou saboter une machine, quand la situation – et l’État – ne leur laisse pas le choix.

Occupant.es, habitant.es ou camarades de la zad, peu importe le moment de notre arrivée, les formes de notre résistance ou que nous ayons des pratiques agricoles ou non, nous savons que cette diversité est notre richesse et notre force. Ces pratiques de lutte, nous les assumons collectivement, et nous ne laisserons pas l’État s’en servir pour nous diviser et criminaliser certain.es d’entre nous.

Des habitant.es et des occupant.es de la zad réunies le jeudi 21 décembre 2017

Notes

[*Phrase qui ne veut magnifiquement rien dire, tout en sous-entendant le pire :

Des « individus » dont on ne sait ni d’où ni quand iels sont arrivé.es, n’ayant contrairement aux autres ni « motivations » ni « options philosophiques », mais étant uniquement définis par leur radicalité et leur violence. Définis aussi par leurs liens « avec d’autres militants implantés dans d’autres sites en France et dans le monde », ce qui ne veut pas dire grand chose non plus – qui n’a pas des liens avec d’autres personnes en France ou dans le monde, personnes qui sont parfois militantes ? – mais laisse planer la menace de l’appartenance à d’obscurs réseaux internationaux.

L’emploi d’exactement le même lexique utilisé habituellement pour parler du « terrorisme international » n’est pas innocent, même si le terme de terroriste n’est pas employé directement…

« Pour que la ZAD demeure un grenier de luttes » (Jef Klak)

Suite à tous les articles et les déclaration politiques anticipant une expulsion de la ZAD de Notre dame des landes, un article de Jef Klak revient sur l’expérimentation sociale qu’est ce « territoire libéré ».

 

« Zone en état de siège permanent », « caches d’armes à feu » voire « risque de morts ». Depuis la remise au gouvernement du rapport sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes le 13 décembre dernier, la même rengaine d’une ZAD aux mains de « professionnels de la contestation » qui piétine l’ordre républicain revient sur le devant de la scène médiatique. À l’heure qu’il est, tout reste encore possible : abandon du projet par le gouvernement, expulsion des occupant·es, ultime report d’une décision presque impossible. Entretien long format avec des occupant·es de la ZAD sur les derniers mois du mouvement et les perspectives de lutte, aussi réjouissantes que périlleuses.

2016 a été une longue séquence de menaces et d’offensives de la part du gouvernement Hollande pour se donner la possibilité d’intervenir sur la ZAD – c’est-à-dire expulser les occupant·es et démarrer les travaux.

En décembre 2015, durant la COP 21, nous avons organisé un convoi de trois cents personnes en vélos et tracteurs avec des paysan·nes, des militant·es associatif·ves, des habitant·es de la ZAD, des gens de la Coordination des opposants au projet d’aéroport et des comités locaux de soutien. Malgré les interdictions de circuler et l’état d’urgence qui venait d’être promulgué, l’objectif était de se rendre à Paris pour dénoncer l’opération de marketing écologique du gouvernement, qui poursuit ses projets éminemment climaticides. Comment pouvait-il s’engager en faveur de l’environnement alors que les travaux pour le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes étaient annoncés, promettant de détruire zones humides et terres agricoles ?

 

Suite à cette mobilisation, le 31 décembre, Vinci décide de mettre en procédure d’expulsion les habitant·es dits « historiques » de la ZAD. La multinationale touche alors un symbole fort, car on parle des paysan·nes qui sont resté·es sur la zone malgré ses propositions de reprendre leurs terres.

Depuis 2012 et l’échec de l’opération César 2, l’État n’arrive pas à expulser la ZAD, car il s’est formé un front commun et solidaire anti-aéroport qui va des occupant·es, qui ont des pratiques d’action directe voire illégales, jusqu’aux militant·es associatif·ves, qui mobilisent les recours juridiques pour tenter de contrer légalement le projet. La stratégie du pouvoir est alors de créer des brèches dans cette unité via un biais vicieux : l’argent. Comme le gouvernement sait que les « historiques » ne partiront pas d’elleux-mêmes, il demande à la justice d’ajouter des astreintes financières aux procédures d’expulsion. Tou·tes ces habitant·es expulsables qui ont là leurs vaches, leur maison, leurs emprunts, se sont ainsi retrouvé·es sommé·es de payer chaque jour des amendes phénoménales.
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